Une IA qui tourne sur votre PC, sans cloud : on en est où ?
Faire tourner une IA chez soi, sans abonnement et sans envoyer ses données : quels outils, quel PC, et ce que changent les nouveaux PC RTX Spark.
ChatGPT, Claude, Gemini : quand vous leur posez une question, elle part sur les serveurs de l’entreprise, qui fait le calcul et vous renvoie la réponse. Pratique, mais vos textes, vos documents et vos questions passent par chez eux.
Il existe une autre option, moins connue : faire tourner une IA directement sur votre ordinateur. Pas d’abonnement, rien qui sort de chez vous, et ça marche même sans internet. C’est un sujet que je suis de près, et 2026 le rend plus accessible que jamais. On fait le point.
Pourquoi s’embêter à l’installer chez soi ?
- La confidentialité. Des documents pro, des données de clients, des notes perso : tout reste sur votre machine.
- Pas d’abonnement. Une fois le PC acheté, vous l’utilisez autant que vous voulez.
- Hors ligne. Dans le train, en panne de connexion, ça répond quand même.
- La liberté. Vous choisissez le modèle, et personne ne le change ou ne le retire du jour au lendemain.
Soyons honnêtes sur les limites : un modèle qui tourne sur un PC reste moins fort que les grosses IA des géants du secteur, il est plus lent, et il lui faut du matériel correct. Pour reformuler un mail, résumer un document ou donner un coup de main en programmation, c’est souvent bluffant. Pour des raisonnements très poussés, le cloud garde une longueur d’avance.
Avec quels outils ?
Deux logiciels gratuits suffisent pour commencer :
- LM Studio : une vraie application avec une fenêtre de discussion, façon ChatGPT. Le plus simple pour débuter.
- Ollama : plutôt en ligne de commande, très léger. Le préféré des développeurs, qui peuvent le brancher sur leurs propres outils.
Côté modèles, on a l’embarras du choix parmi les modèles « ouverts » que chacun peut télécharger : Llama (Meta), Gemma (Google), Qwen (Alibaba), et Mistral, une entreprise française, plutôt douée en français justement.
Quel PC faut-il ?
Le nerf de la guerre, c’est la mémoire, et surtout celle de la carte graphique (la VRAM). En gros :
- 8 Go de VRAM : de petits modèles, bien pour reformuler, résumer, répondre à des questions simples.
- 12 à 16 Go : des modèles moyens, nettement plus malins. C’est un bon compromis.
- 24 Go et plus : là, ça devient vraiment sérieux.
- Sans carte graphique : ça fonctionne sur le processeur, mais avec de la patience.
Les Mac récents (puces Apple M) s’en sortent aussi très bien, parce que leur mémoire est partagée entre le processeur et la partie graphique. Quant aux « PC IA » vendus avec une puce NPU, elle sert surtout aux petites fonctions intégrées à Windows. Pour discuter avec un vrai modèle, c’est la carte graphique qui compte.
Ce qui arrive : les PC « RTX Spark »
Nvidia et Microsoft ont présenté fin mai une nouvelle famille de PC Windows pensée pour l’IA locale : RTX Spark. L’idée est de coller un processeur et une puce graphique Nvidia avec jusqu’à 128 Go de mémoire partagée, assez pour faire tourner de gros modèles sans carte graphique hors de prix. Les premiers portables et PC de bureau sont attendus cet automne, chez Asus, Dell, HP, Lenovo, MSI ou Microsoft.
Sur le papier, c’est très prometteur. Reste à voir les prix, surtout avec la mémoire qui flambe en ce moment (j’en parle dans cet article sur les prix de la RAM et des SSD). Je vous dirai ce que j’en pense quand on aura des machines en vrai.
Essayer en dix minutes
- Installez LM Studio.
- Téléchargez un des modèles qu’il vous propose : il indique lesquels conviennent à votre PC.
- Posez-lui une question, comme à ChatGPT.
Si ça rame, prenez un modèle plus petit. Si ça tourne bien, essayez-en un plus gros. C’est gratuit, et le pire qui puisse arriver, c’est de prendre un peu de place sur votre disque.
Un PC taillé pour l’IA ?
Si vous voulez un PC monté pour faire tourner des modèles chez vous, je choisis la carte graphique et la mémoire selon ce que vous comptez en faire, ni plus, ni moins. Pas besoin de viser le haut de gamme pour commencer.